Mommy blues

On ne sait pas où, comment, ni quand cela nous tombera dessus lorsque l’on accouche. Et pourtant ça arrive si souvent !

On ne sait même pas si on sera concerné en fait. Et pourtant ça nous angoisse parfois d’avance.

Le babyblues, ce mot qui sonne presque comme une condamnation, et qui touche tant de femmes chaque jour.

C’est impossible à imaginer avant de le vivre, même enceinte, tant nous sommes submergées par l’amour que l’on porte à notre bébé et tant il est désiré. Je vous rassurerais presque, votre babyblues n’a rien à voir avec un manque d’amour pour votre enfant ou le fait d’être si prématurément une mauvaise mère.

Cette chappe de plomb m’est tombée dessus, lors de mon premier accouchement, en haut du troisième escalier de l’immeuble, je me suis effondrée, mon cosy à bout de bras, sur les marches. Et j’ai pleuré, inconsolable. Je me sentais la femme la plus désemparée du monde, la plus nulle, la plus démunie « qu’allais-je donc faire de cet enfant ? Et s’il mourait dans son lit ? Et si je n’arrivais pas à le nourir ? S’il ne prenait pas de poids ? Et si je n’avais pas la patience ? ». Je ne savais rien des bébés, du fait d’être maman, je refusais tout d’un coup cette responsabilité que j’avais tant souhaitée par le passée, et cette liberté volée.

Je me calmais en regardant mon bébé et le bonheur que le fait d’avoir réussi à le mettre au monde me procurait. Mais c’etait toujours moins puissant que cette angoisse qui survenait n’importe quand, ces larmes par dizaines qui coulaient de mes yeux… Sans prévenir, me laissant muette, incapable de répondre à ses « mais qu’est ce qu’il y a ? Parle moi ! ».

Appétit d’oiseau, fatigue énorme, le sentiment également d’avoir 500 démarches administratives à faire à ce retour à la maison. Tout était trop dur à envisager, surtout le fait d’être maman. Je voulais un bébé, oh ça oui, mais pas être sa maman, parce que pour cela il fallait surmonter la peur qu’il me quitte trop tôt, par ma faute ou celle de la vie, et j’en avais si peur.

Je me souviens de la phrase de ma sœur aînée que j’avais appelée le cœur en miettes « il ne pourra jamais avoir une meilleure maman que toi », cette bienveillance qui me fait verser des larmes, encore en cet instant, et ces mots qu’il y a encore 4 mois je répétais en boucle dans ma tête pour m’en persuader.

Cinq jours après ces pleurs étaient de l’histoire ancienne, disparus pour toujours, le ciel gris était redevenu bleu, comme par magie. C’est comme si l’on m’avait testée, voir si j’étais capable d’assurer malgré ça.

Je n’avais aucune idée de ce qu’était le babyblues, voire même que je m’en moquais « ppfff ça ne m’arrivera pas, je suis forte et je le veux tellement ce bébé »… Justement, j’aurais dû me méfier, car cela touche, peut toucher, n’importe quelle femme qui qu’elle soit, pour sa première ou sa quatrième naissance, cela ne répond à aucune logique fort malheureusement, et j’aurais aimé savoir ce qu’il en était avant d’en être la victime.

On ne naît pas maman, on le devient, on l’apprend au jour le jour, même presque 3 ans après, c’est un métier si difficile, tout est si viscéral, c’est fou ! Mais c’est si beau…

Bien à vous, Pinky*

4 commentaires sur “Mommy blues

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  1. Voilà un témoignage magnifiquement écrit et qui m’a reelement émue. Aujourd’hui maman d’une petite Jade de 2 ans, je sais comme c’est compliqué et j’avoue rencontrer encore ces périodes de doutes horribles. Par moment je me surprends à penser « je n’aurais jamais du faite cette bêtise! » « Si je n’étais pas maman, je pourrais sortir, avoir une vie sociale », « me voilà coincée pour les 20 prochaines années »… etc. Toutes ces « vilaines » pensées me font encore pleurer.
    Et puis parfois le soir, je vais juste regarder, écouter mon bébé respirer dans son lit. Ma petite princesse, si calme et si paisible… et là je comprends. Je suis Maman pour ELLE et surtout parce que c’est ELLE!! Et ça me suffit.
    Bisous

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  2. Ohhh comme je me retrouve dans ce que tu dis. Moi aussi j’avais tant et tant d’incompréhension face au babyblues… Moi il a duré des semaines… Mais je suis arrivée à reprendre les rennes doucement. Je suis fière d’y être arrivée 😁😁 plein de bonheur à toi. Et puis je terminerai par te dire de penser à toi aussi souvent que le peux en tant que femme et pas que maman 😉 bien à toi… Sandra.

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    1. Oh mais je le fais, je me sens bien plus femme que mère lol. C’est un defaut aux yeux de certaines mais c’est comme ça ! Ce que tu as eu des semaines durant est une dépression post-partum pas un babyblues, ça ne doit durer que quelques jours, mais tant mieux que ce soit derrière toi ❤️

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